jeudi, août 30, 2007

Enfance entamée

Illustration: Joll & Lya
Ne pas penser à toi
Quand la désespérance
Cavale sur les toits
Vaincue par le silence.

Solitude éclatante
De nudité, violente,
Diluée dans mes veines
Ah … Je respire à peine.

Ne pas penser à lui,
Surtout ne pas entendre
L’écho de ses mots tendres
Glisser sur mon ennui.

Comme la vie est vide
Et la vida sans voix
Mon cœur cet intrépide
Est figé aux abois.

Ne pas penser à lui
Et ne plus rien vouloir …
Un baiser, une histoire.
L’amour noirci de nuit

Réclame une vengeance
Car là où j’ai aimé
Brille cette innocence,
Cette enfance entamée

Que je t’avais donnée.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

jeudi, août 23, 2007

Pendant son silence

Illustration: Nekhbet / Mina

La deuxième confrontation laisse la Loreley encore plus enragée et blessée qu'auparavant. Maîtresse dans l'art de la séduction mais novice dans celui d'aimer, la belle séductrice, de nouveau rejetée par Antonio, saigne de toute part.

J'avais de l'amour
Mais je n'en ai plus.
Il aurait fallu
Qu'il m'aime en retour.

Quand le ciel matraque
Tout ce qui fut nous,
Le passé dénoue
Toutes les larmes en vrac.

Pendant son silence
J'entends ses reproches,
Les mots loin et proches
Ont perdu leur sens.

Je me fous de tout
Et la vie c'est moche
Quand plus rien n'accroche.
Et mon coeur, ce fou,

Qui ne sait rien faire
Qui n'a plus la force
Et vit sans écorce
Sans l'effort de plaire!

Quand le ciel matraque
Tout ce qui fut nous
Le passé dénoue
Toutes les larmes en vrac.

Je ne veux plus rien,
Je suis déjà nue
Et il n'y a plus
Plus rien pour demain.

J'avais de l'amour
Mais je n'en ai plus
Il aurait fallu
Qu'il m'aime en retour.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mardi, août 21, 2007

Animal malfaisant


Animal malfaisant il déchire mon voile.
Il s’éloigne, il revient: son manège fait mal.
Et pourtant dans l’hiver je pars le retrouver,
La jacinthe en mon cœur fleurit le temps d’aimer.

En secret elle égrène amitié et tendresse
Et c’est bien peu de choses, l’espoir, la faiblesse
D’avoir vécu les années de la vie
Sous le manteau de son regard meurtri.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

lundi, août 20, 2007

Petit soldat de plomb


Le temps a passé ... Antonio et la Loreley ne cessent de correspondre malgré le fiasco de leur première rencontre. Ils doivent se retrouver le lendemain à Grenade.

Nous glissons l’un vers l’autre
Des regards généreux,
Tels des enfants heureux
Au seuil de la faute.

Nous aimons par l’esprit,
Désirons par la peau,
Naviguons sur les eaux
Sans avoir rien appris

Des erreurs du passé.
Je t’aime et c’est fragile,
Arrogant, imbécile
De tout recommencer.

Gitan de mes pulsions,
Cavalier de l’honneur,
Sans céder au bonheur
Tu guéris ma passion.

Petit soldat de plomb,
Mon capitaine en guerre,
Tu me bats, tu me serres
Et l’amour gît au fond

De ma tête épuisée
Qui ne veut plus souffrir,
De mon corps fatigué
Qui ne veut plus détruire.

(Une capitulation
Qui ne ressemble guère
A celle de naguère
Parée de séductions.)

Petit soldat de plomb,
Bleu blanc sur le chemin,
Capitaine, sur ton front
J’ai gravé : « A demain ».


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

samedi, août 18, 2007

Tes silences

Illustration: Nekhbetsun / Mina

J’ai toujours su respecter tes silences,
Tes sombres monologues, tes soupirs,
Sur un passé béant sans élégance,
Des silences vivants pour mieux mourir.

J’ai toujours su écouter tes secrets,
Les pendre en bandoulière sur mon cœur,
Les porter toute une vie, séquestrés
Dans l’ombre de mes bras, bercés de pleurs.

Tu n’as pas toujours su vraiment m’aimer
Même si tu m’aimais d’un amour tendre.
L’absence couvrait lancinante les cendres
De ton coeur mutilé et brûlé.

Je n’ai jamais pu vraiment te guérir
Panser de mon cœur lourd tes plaies béantes,
J’ai su pourtant saisir ta main brûlante
Et redonner sa forme à l’avenir.

Tu me manques Antonio et je frémis
D’avoir perdu ta voix, sans ta présence
De ne plus reconnaître l’existence
De mon désir, mon amour, mon ami.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

jeudi, août 16, 2007

La guerrière

Illustration: Trinnity

Désespérée par l'indifférence d'Antonio, La Loreley vit recluse à Seville. Elle a perdu intérêt pour sa distraction habituelle; séduire tout ce qui porte pantalon. Au fond de sa solitude, la jeune femme devra faire face à ses démons.

Fais-moi un câlin; une grosse averse
Bouillante d’effroi sur ma peau déverse
Un flot de baisers rugueux et féroces,
De mes fruits nacrés épluche l’écorce.

Fais-moi un câlin; un petit service
Entre amis, compagnons, amants complices.
Caresse mes os froids comme des cadavres,
Mon âme esseulée sans raison, sans havre.

Ainsi ton regard bleu panse mes blessures
Et aujourd’hui je ne suis plus très sure
De rien; je ferme les yeux et j’entends
Dans le silence ta voix d’adolescent.

Elle bondit intrépide, joueuse, dansante,
Dans mon cœur elle se distrait insolente,
Soulève des secrets que j’avais oubliés
Dans le haut de la nuit, dans le grenier.

Là se cachent des monstres mal maquillés;
Une ballerina à la jambe cassée,
Un clown triste et son chapeau fendu,
Le bel équilibriste, écorché, nu.

Il crie « au secours, sauve-moi mon enfant! »
Mais Dieu me damne je ne sais pas comment,
Comment monter en haut du chapiteau
Le libérer et tuer le bourreau.

Là je demeure et réclame vengeance,
Hantée par ma mission, ma dépendance,
Je traque les coupables, les séduis,
Je les torture pour les saigner sans bruit.

Dans le cirque du cœur gît l’acrobate
Il applaudit à chaque échec et mat ;
« J’ai partagé les secrets du passé
Avec toi seule, lectrice de mes pensées,

Tu as bien travaillé tendre guerrière.
Tu as blanchi mon honneur par le fer
Et rétabli la gloire de ma jeunesse.
Tu m’as vengé, maintenant je te laisse.

Je te laisse à ta vie, à tes amours
A ta maison, tes amis de toujours,
Tu no puedes volver atras
La vida es bella ya veras. »


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mercredi, août 15, 2007

Mon jardinier

Illustration: Tony Kola

Que fais-tu là mon jardinier?
En cachette, tendrement je plante
En d’autres enfants bien diligentes
Les épines de mon rosier.

Je recueille en secret la sève
De leur peau ainsi transpercée,
Elle s’écoule vers toi en rêve,
Ah Julia! mon oiseau blessé.

Que fais-tu là mon chevalier?

Loin des chemins de guerre j’arpente
Les terrains de l’amour brûlante.
J’en appelle à mon armurier

Pour me protéger de tes lèvres
Et en dissoudre la passion.
Je chevauche dans la nuit sans trêve
Dans la lumière de ma mission.

Que fais-tu là mon serrurier?
Je clos tes façons insolentes
Dedans mon cœur, je les tourmente,
Les bouscule d’un air familier.

Je jette la clef sur la grève
Que le sable l’emporte enfin
Que cet amour enragé crève
Et noie le cours de mon destin.

Que fais-tu là mon menuisier?

Je coupe le bois de l’entente,
Pour bâtir des demains qui chantent
Et c’est le bois de l’olivier.

Mon cœur saigne, ma main se lève
Pour frapper le matériau tendre.
J’ai mal mais nos tourments s’achèvent,
Il faudra bien pour construire fendre.

Et moi que puis-je, mon guerrier,
Réclamer?
Sans être parjure
Caresse encore de ta main dure
Le tranchant de mon amitié.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mardi, août 14, 2007

Entre deux lettres

Illustration: Nekhbet / Mina

Suite à leur rencontre à Grenade, Antonio et la Loreley poursuivent une correspondance. La Loreley, prise à son propre jeu de séduction, se retrouve dans le rôle de la victime. Habituée à tout contrôler, la voici à présent dominée par son interlocuteur qui se joue d'elle et la manipule ouvertement. Elle souffre à en perdre la raison.

L’attente entre deux lettres;
Fossé de perdition.
L’angoisse sans raison
Se lève, devient mon maître.

A ma gorge oppressée
Ou la douleur s’implante
Fusent les mots pressés;
Je pense à toi, charmante

Compagne de mes rêves,
Ma sœur épistolaire
Amante solitaire,
Je pense à toi sans trêve

Et je ne t’en veux pas
Quand tu es fantaisiste,
Cause bien du fracas,
Fatigue le soliste.

Ah mon oiseau blessé.
L’encre coule sur mes doigts,
Je suis si maladroit,
Je ne veux rien casser.

Je me souviens des mots
Rugueux dans le matin,
De ma rose en cadeau,
De tes yeux dans les miens,

De notre randonnée
Un peu sentimentale
Ou l’attraction fatale
Céda à l’amitié.

Attends ma lettre, attends,
Ne sois pas impatiente,
Pulvérise le temps,
Dans la poésie chante.

Chante en vers, en paroles,
L’amour que j’ai pour toi.
Mes yeux bleus te côtoient
Te gardent et te consolent.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

lundi, août 13, 2007

Un autre jour

Illustration: Nekhbet / Mina

Antonio et la Loreley se voient à Grenade au jour et à l'heure convenus. Rien ne transpirera du déroulement de cette rencontre, masquée par les volets clos de la Huerta de San Vincente. La nuit venue, courroucée puis désespérée, la Loreley s'enfuit de la ville et doit admettre la vérité: elle aime pour la première fois.

Demain sera un autre jour
De sérénité éternelle.
Je le veux tant; je la veux belle
Comme la rose de l’amour,
La rose que tu m’as donnée.

Elle vivait dans ma main d’abord
Fraîche, inconsciente de son sort,
Aujourd’hui séchée et fanée.
Je la garde près de mon chevet ;
Je ne respire plus son parfum,
Elle ne promet plus de demains,
Elle est petite et dure, froissée.

Je voulais tant les mots du cœur ;
Je t’aime, inventons le plaisir
Et tu m’as donné une fleur
Lorsque je voulais ton désir.

Tu avais raison ce jour la
D’être patient, sage, prudent.
Ah la rose et le réséda
Toi et moi sommes si différents.

Mais dis-moi, dis-moi seulement
Faudra-t’il attendre la mort
Pour mieux nous aimer en dormant
Combattants unis par le sort ?

Elle est petite et dure, froissée,
Elle ne promet plus de demains,
Mais rien de mon cœur n’est cassé;
J’attendrai un autre matin.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

samedi, août 11, 2007

Compte à rebours IX

Illustration: Nekhbet / Mina
IX

Ainsi pulvérisé et vidé de son or
Le sablier résonne sur les marches glissantes
Et tombe dans le noir de la nuit frémissante
Brisant plus que mes rêves; mon âme aussi, mon corps.

Exsangue je l’étais, je le suis devenue
Plus encore; vide de tout amour, dépeuplée,
Telle une princesse étrangère répudiée
Soudain placée en esclavage, marchandée nue.

Le courage me manque pour voir la vérité.
Mon amour est maudit, mon amour est parti,
Mon amour n’était pas ce que j’avais prédit
Mais un rêve d’enfant, un fantasme raté.

Mon gamin, mon petit soldat de fer
Et plomb, écolier trouble, capitaine
Bleu blanc rouge, mon partisan, mon frère,
Je t’ai cassé; j’ai tant de peine, j’ai tant de peine.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

vendredi, août 10, 2007

Compte à rebours VIII

Illustration: Gérard Méry
VIII

L’horloge sablée d’or a basculé;
Je ne respire plus, je compte les heures.
Je les compte tout haut c’est ridicule.
La tête changée en carillon j’ai peur.

Peur de la vérité, du blanc silence,
Peur de trouver le bonheur et l’espoir,
Peur de la joie et de l’amour qui pansent
Les plaies béantes une à une dans le soir.

Mon gamin, mon petit soldat de fer
Et plomb, écolier trouble, capitaine
Bleu blanc rouge, mon partisan, mon frère,
Mon héros de l’espérance sur la haine,

Quand nos têtes reposeront enlacées,
Quand dans ma poche luiront tes bleus lacets,
Nous sourirons des hasards de la vie
Qui sans raison nous auront réunis.



Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mercredi, août 08, 2007

Compte à rebours VII

Illustration: Paulwillocks
VII

Tu me rappelles à mon devoir,
Ce devoir que je n’aurais pas
Envers toi ni envers l’espoir.
Ainsi mon corps libre déploie

Sa toile lumineuse au soir,
Libre d’attendre libre de prendre,
Ah je me connais trop pour croire
Que mon désir voudra suspendre

Un instant la charge du coeur.
Je ne te devrai rien bien sur
Mais je me dois bien du bonheur
Bien du jasmin sur mes blessures.

Je suis envers moi redevable
De baumes sur mes écorchures.
Et puis voler dans ton cartable
Les cahiers, l’encre, la plume dure,

C’est une espièglerie d’enfant,
De poète et d’adolescente,
Pirouette de cirque insolente,
Que la dame en moi aime tant ...


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mardi, août 07, 2007

Compte à rebours VI

Illustration: Nekhbet / Mina
VI

Le soir se traîne long, trop long sans Antonio.
J'ai mangé, j’ai bu,
J'ai dormi, j'ai marché dans les rues,
Mais je portais en moi l'espérance de la nuit.

La nuit viendrait et avec elle les mots de mon ami
Caresseraient mon coeur paisiblement,
Telle sa paume fraîche sur mon front brûlant.

Je fermerais ainsi les yeux,
Le visage dans sa main,
Ma main sur son cœur,
Mon cœur dans ses reins.

J'ai mangé, j’ai bu,
J'ai dormi, j'ai marché dans les rues,
Mais je portais en moi l'espérance de la nuit.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

lundi, août 06, 2007

Compte à rebours V


V

Si loin, si proche,
Il a placé
Dedans ma poche
Ses bleus lacets.

Si beau si moche
Je ne sais pas,
Ses mains écorchent
Mes blancs appâts.

Quand il s’approche
Je frémis tant
Mon cœur empoche
Tous les serments.

Si loin si proche
Il a placé
Dedans ma poche
Ses bleus lacets.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

dimanche, août 05, 2007

Compte à rebours IV

Illustration: Grabnaka

IV

Je compte ainsi les jours, patiente et bonne élève,
Je me conte une histoire ou les rivages approchent.
La brume à l’horizon se dissipe et se lève,
La voix de mon amant surgit parmi les roches.

Viens mon amour, ma belle, je ne fais que t’attendre,
J’ai hâte de saisir ta main contre mon cœur,
Hâte de respirer le parfum de tes membres,
Je ne veux plus rêver, je veux que vienne l’heure

Où mes cheveux tout blancs dressés sur les tiens, noirs,
Mes yeux d’azur plantés dans ton regard de moire
Vivront en toute gloire la plus belle aventure,
Attention, aventure cela rime avec « dur ».

Je sais, j’avais promis, mais c’est inéluctable;
Des rimes se forment impunément dans mon esprit.
Il fut un temps, si loin, où je fus raisonnable,
Mais le temps du Printemps où tout est à l’envie

Vient frapper à ma porte et me souffle des mots,
Des mots durs, érigés, phalliques et brutaux
Ou les promesses rudes sont les plus beaux moments
Et l’angle perpendiculaire un pur serment.

Je te quitte ainsi sans avoir été honnête,
Mes paroles étaient vaines ou ma ruse parfaite.
Oublions pour finir toutes ces rigidités ;
Dans le creux de ta hanche vit ma fragilité.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

jeudi, août 02, 2007

Compte à rebours II - III

Illustration: Nekhbet / Mina

II

Treize jours; si long se fait le temps, mes soupirs
Traceront une crinière blanche au firmament
Ou mes mains fraîches enliseront tous les serments,
Toutes les promesses. Et toi si tu tentais de fuir

Tu verrais ton salut s’éloigner d’une étoile.
Je saisirais entre mes seins ton membre dur,
Réconforté puis tenaillé par l’aventure
Tu jetterais sur le cirque géant la toile.

Les clowns et les serpents y côtoient les chevaux,
Mon amour est debout, nu sur la piste blanche,
Prend le et plus encore prend la raison qui penche,
Les beaux équilibristes flirtent avec les anneaux.


III

Douze jours à présent; tu choisis le silence
Pour en retrait me fuir ou bien me convoiter
Et de nouveau j’ai peur, mon cœur va s’arrêter
Sur le bord d’un amour qui fut de l’espérance,

En bas la rivière noire roule au précipice.
Comme un ange mourant demande encore l’aumône,
Un peu d’eau, un peu d’amour, pitié pour le faune,
Je n’ai plus de désirs, d’orgueil; tu me supplices.

Je me tairai, je serai coite, je te le jure,
Nous laisserons les acrobates à leurs anneaux,
Je ne parlerai plus d’objets lisses ou durs,
Le cirque dormira sous son grand chapiteau.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mercredi, août 01, 2007

Compte à rebours I

Illustration: Nakhbet / Mina

Antonio est revenu. Il trouve dans son courrier les neufs poèmes de la Loreley et le voila soudain sous le charme de la belle séductrice. Il lui fixe rendez-vous: dans quinze jours à Seville. La Loreley commence fébrilement un compte à rebours.

I

Quinze jours à compter est-ce bien raisonnable
De dérouler ce long tapis rouge et argent?
Quinze jours à attendre; je me fais le serment
De ne pas pulvériser l’horloge de sable.

Sonne minuit passé et pendant que tu dors
Je fabule, fabrique en secret des images
Ou tu es le Seigneur et je suis ton roi mage.
La nuit limpide éclate sous les étoiles d’or.

Écoute la clameur de mon amour vivant
Écoute le soupir de cet oiseau meurtri.
Perché sur ton épaule il chante puis il crie,
Il a peur que tu saches la vérité; il ment.

Il ne sait rien faire; ni l’amour ni la tigresse.
Demeuré, retardé mental de la passion,
Il reste figé, paralysé sans raison,
Devant le corps d’un homme il pense à la tendresse.

Je l’espère mon ami tu n'as pas peur de moi,
A moins qu’apprivoisé à mes fins stratagèmes
Tu n’aies compris l’absurde de ma démarche: j’aime
Et s’il faut ne pas incarner qui je suis, soit.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007