Illustration: Trinnity Désespérée par l'indifférence d'Antonio, La Loreley vit recluse à Seville. Elle a perdu intérêt pour sa distraction habituelle; séduire tout ce qui porte pantalon. Au fond de sa solitude, la jeune femme devra faire face à ses démons.Fais-moi un câlin; une grosse averse
Bouillante d’effroi sur ma peau déverse
Un flot de baisers rugueux et féroces,
De mes fruits nacrés épluche l’écorce.
Fais-moi un câlin; un petit service
Entre amis, compagnons, amants complices.
Caresse mes os froids comme des cadavres,
Mon âme esseulée sans raison, sans havre.
Ainsi ton regard bleu panse mes blessures
Et aujourd’hui je ne suis plus très sure
De rien; je ferme les yeux et j’entends
Dans le silence ta voix d’adolescent.
Elle bondit intrépide, joueuse, dansante,
Dans mon cœur elle se distrait insolente,
Soulève des secrets que j’avais oubliés
Dans le haut de la nuit, dans le grenier.
Là se cachent des monstres mal maquillés;
Une ballerina à la jambe cassée,
Un clown triste et son chapeau fendu,
Le bel équilibriste, écorché, nu.
Il crie « au secours, sauve-moi mon enfant! »
Mais Dieu me damne je ne sais pas comment,
Comment monter en haut du chapiteau
Le libérer et tuer le bourreau.
Là je demeure et réclame vengeance,
Hantée par ma mission, ma dépendance,
Je traque les coupables, les séduis,
Je les torture pour les saigner sans bruit.
Dans le cirque du cœur gît l’acrobate
Il applaudit à chaque échec et mat ;
« J’ai partagé les secrets du passé
Avec toi seule, lectrice de mes pensées,
Tu as bien travaillé tendre guerrière.
Tu as blanchi mon honneur par le fer
Et rétabli la gloire de ma jeunesse.
Tu m’as vengé, maintenant je te laisse.
Je te laisse à ta vie, à tes amours
A ta maison, tes amis de toujours,
Tu no puedes volver atras
La vida es bella ya veras. »
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007