samedi, septembre 29, 2007

Chassé croisé


Ma vie s'en va
S'en va sans toi,
Et ton emprise
Sur moi se brise
Laisse un message
Sur mon visage.

Aimer c'est mourir,
Ça ne veut rien dire...
Je trace l'espoir
Sur un tableau noir,
Le maître s'ennuie
Au fond de la nuit,
Le maître s'en va
Caresse son chat,

Laisse un chassé-croisé
De larmes et de baisers,
Sur ma main l'espérance,
Sur mon coeur la malchance
De l'avoir reconnu,
Sombre mais ingénu,
Accroupi dans le noir
Contre des draps de moire.

Entre matelas et tissu
Il s'endort, il ne parle plus,
Son silence brûle, pesant,
Tel un animal malfaisant.
Il m'aura tout pris, rien donné
Rien donné que des regrets...

L'ultime mensonge? C'est prétendre aimer.
Mais bien pire encore ... c'est le regretter.
Pour mieux sentir la vie, je suis là si fidèle
Que c'en est grotesque ou même existentiel.
Je serai là toujours ... que la lumière est sombre.
Dans ton coeur mon ami couve l'armée des ombres.

Le soldat s'en va
Caresse son chat
Et rien ne viendra
Briser le karma.

Pleure l'animal
Quand son maître a mal
Passe le collier
Sur le temps passé.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

vendredi, septembre 28, 2007

S'il m'ecrit


S'il m'écrit il fera pluie
S'il ne m'écrit pas il fera nuit.
S'il m'écrit je suis une enfant
S'il ne m'écrit pas un mendiant.

S'il m'écrit en drap de moire
S'il ne m'écrit pas de mare.
S'il m'écrit le rouge me prend,
S'il ne m'écrit pas rouge sang.

Rouge sang toi, sans foi ni loi,
Rouge s'étend de toi à moi
Et le désir et le pardon
Jamais toujours ont fait le tour
Du calendrier de l'amour.

Un, deux, trois ainsi s'en vont
Les jours aimés les jours perdus
Non ne se rattrapent plus.
Et seul demain est ouvert,
Comme un serment comme un mystère.

S'il m'écrit il fera pluie.

jeudi, septembre 27, 2007

Un jour viendra


Un jour viendra où plus rien n'aura d'importance.
Un jour viendra couleur de passé sans racines.
L'amour se termine
Aussi la souffrance.

Mais ce jour-là peut être est un mauvais ami
A tant faire miroiter le sommeil et l'ennui.
Ma main sur le soleil résiste à la lumière,
Avançons chevalier, franchissons la barrière,

Ou ne franchissons rien, restons là à semer
Entre l'intolérable et les larmes séchées
Les graines du bonheur sur un lit de pensées
Sur un fond de paroles bucoliques et froissées.

Un jour viendra où plus rien n'aura d'importance.
Un jour viendra couleur de passé sans racines.
Péchons à la ligne
Ainsi l'espérance.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

lundi, septembre 24, 2007

Sous la muraille



La rose et le réséda s'endormirent
Sous la muraille de pierre, main dans la main.
Au creux de leurs rêves vivaient les demains
D'un sombre et insaisissable martyr.

Le martyr d'aimer quand la nuit s'approche
Ah ...les yeux fermés... L'écran du plaisir
Souple sous les yeux doucement s'étire
Et veut les happer, enflammer la torche.

Le désir ainsi au seuil de la nuit
Luit et ne dit rien, il a bien trop peur
De briser leur lien, qu'ils soient désunis
Les amants blessés, fragiles âmes soeurs.

Et ainsi elle pleure au fond de la ville
A un croisement, ses repères perdus,
Son coeur déchiré, son âme repue
De leurs mots trop sages, contrôlés, tranquilles.

Elle trace d'un doigt "j'aime" sur une table
Pour célébrer l'instant d'un pieux baiser,
De leurs bras de fer, de leurs bras cassés,
Et pour combler le vide insoutenable.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

dimanche, septembre 23, 2007

Coquillage

Illustration: Yuehui Tang

Ainsi je me souviens d'empreintes du passé
Là où furent gravés tous les commencements,
Toutes les vaines promesses, tous les dépassements,
La trace de nos pas et l'amour effacé.

Comme le chantait Montand, le sable ce vainqueur
Arrachait aux amants les plus heureux présages.
En prenant dans ma main ce curieux coquillage
Voyageuse égarée j'ai défié le malheur.

Je ne regrette pas ce voulu sacrifice
D'avoir osé rêver, écouter l'océan
Contre le nacre bleu de tes paupières lisses,
D'avoir souffert aussi contre ton coeur en sang.

Je ne regrette rien car j'ai voulu aimer
Comme on part en naufrage sur un autre hémisphère.
Je ne veux rien finir, je ne veux pas casser
Mon coquillage bleu, mon trophée de la mer.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

jeudi, septembre 20, 2007

Tu me manques


Tu me manques, c’est inévitable,
Moins je le veux plus ça m’accable.
C’est comme si mes os et ma chair
Etaient partis au dispensaire
Chercher un médecin, un quidam,
Pour recoller mes états d’âme.

Tu me manques, c’est irrationnel,
Je sais bien que ma vie est belle
Et qu’il faut remercier les dieux,
Mais je ne vois que tes yeux bleus
Brûlants de candeur et de rage
Sur des sociétés en ravage.

Tu me manques, ça me passera
Demain … et puis ça reviendra,
Comme les souvenirs font le tour
De nos plus belles histoires d’amour.
J’aurais voulu ne plus sentir
Mais ne plus sentir, c’est s’enfuir.

Alors je suis là malgré tout
A espérer un mot de vous,
Comme une enfant abandonnée
Je ne ris plus, je suis fâchée,
Vous me manquez, ça passera
Demain … et puis ça reviendra.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mercredi, septembre 19, 2007

Le dresseur


Étranglée elle tirait le cou,
Marchait courbée sous le soleil
« En sa main dure vit un cœur doux »
Se disait-elle, comme la veille.

Ainsi chaque jour commençait
Dans la douleur de son silence;
Le dresseur au collier puisait
Chaque jour son lot de souffrance.

Sous des airs de chevalier pur
Il tourmentait pour son malheur
Sa chienne, fille, amante et soeur,
Et la pliait de son bras sûr.

Elle s’habituait à souffrir,
Les saisons passaient sur le cœur,
Et la chienne aimait son dresseur
Sans raison, sans but, sans plaisir.

L’aimer ou mourir qu’importe,
L’étoile est noire au firmament,
Qui voudrait vivre de la sorte?
Seul un animal malfaisant.

Si j’étais une femme dit-elle,
Je te prendrais dès aujourd’hui
Dans des draps de moire et de pluie,
Pour toucher des mains le réel,

Pour rayer ta chair et tes reins,
Pour en finir, pour en finir,
Pour aller jusqu’au bout enfin
Du labyrinthe et du désir.

Pour devenir un peu humaine
Dans tes bras, au creux de ta hanche,
Rire le jour et la semaine,
Vendredi, samedi, dimanche.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

lundi, septembre 17, 2007

Dix mains

Illustration: Shutterstcok
remanié avec Corel Draw

Dix mains tracent mon corps,
Non … elles doivent être mille.
Comme des corridors
Sur ma peau elles filent.

Curieuses, errantes, agiles
Elles creusent sur mon coeur
Des souvenirs fragiles,
Des traces de candeur.

La nuit se fige noire
Sur mon visage bleu,
Ma peau brille mémoire
De ses doigts sur mes yeux.

Il fait jour et pourtant
Je n’aurais pas dormi,
Humiliée et punie
Je brise mes serments.

Moi qui toujours décide,
Guette, prend, manipule,
Me voici incrédule
Devant ce corps placide.

Ainsi de tous les hommes
Il y en aurait un
Qui se nourrit en somme
Seulement de jeux de mains?

Je grince dans le matin
Et jure qu’il souffrira,
L’homme enfant, scélérat,
Rien au coeur, tout en mains.

Mais la rage s’efface
Il reste le chagrin,
Mon honneur à la casse.
Et cette fois … pour rien.

Je lave mes secrets,
Repasse mes regrets,
J’ai bien perdu mon temps
et la chape des ans

Me simule vivante,
Lumineuse et aimante,
Complice de la chair
Qui brillait sans mystère.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

samedi, septembre 15, 2007

La veste bleue



Ecrasée par son echec et par son amour pour Antonio qui la garde prisonniere, la Loreley tente de reprendre ses activités de séduction. Bien mal lui prend ...

Tissée de noir et bleu, moelleuse et accueillante,
Ma veste reflétait mes aventures de ville;
Elle passait d’une chaise à un meuble, insouciante,
Rêveuse dans l’été d’une station facile.

Je l’ai perdue dans le chaos d’une escapade
Le long d'une ruelle, un passage d'antan.
Abandonnée elle rage, vire à l’esprit maussade;
Elle compte les beaux jours et fidèle m’attend.

Ah je ne viendrai pas te chercher mon amie
Objet désemparé oublié dans la nuit.
Je préfère égarer mon chagrin dans le noir.
La trace de ses mains luit sous un ciel de moire,

Me rappelle un amour fantastique et étrange,
Partagé entre le bonheur et la souffrance,
L’amour de ces beaux jours, l’amour de mon enfance
Ou les hommes masqués habitaient près des anges.

Là Arlequin s’adonne à des jeux de passade
Parmi les invités il se glisse en vainqueur.
Il détient en trophée ma peau et puis mon cœur,
Clame qu’il m’a blessée, crie à la cantonade

Qu’il m’a laissée pour morte à six heures du matin,
Heure cruelle et glauque sur l’oreiller trempé,
Lavé de sueur, de larmes, pas de baisers.
L’ombre soudain m’habille d’une peau de chagrin.

Il eu été facile d’oublier un amant
Qui marque sur le souvenir seulement la chair.
Comment laisser partir la honte, le tourment,
L’angoisse de la solitude; le cœur se serre

Dévide ses secrets un à un dans le noir,
Pleure des larmes de sang, brûle toute innocence,
Casse la candeur pour mieux rétablir la violence.
La trace de ses mains luit sous un ciel de moire.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mardi, septembre 11, 2007

Ecris-moi

Illustration: Nekhbetsun/Mina

Ecris-moi mon ami
Des mots doux et brûlants
Qui décapent le temps
Caressent l’ennui.

Ecris-moi mon ami
Des chapitres sauvages
Qui diluent la rage
Au fond de la nuit.

Mon ami, mon amant,
Tu me touchais à peine
Me faisais tant de peine
Je ne sais pas comment…

Comment je le supporte
Cet amour inaudible
Frère d’une soeur morte
Étouffé, fragile.

Ecris-moi car je souffre
De te savoir au loin,
Mon désir ce gouffre
Plonge en son destin.

Je n’ai pas l’amour gai
Buvons pour oublier.
Tes yeux sont ma vie
Tes mains mon envie.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

dimanche, septembre 09, 2007

Les vacances du maçon

Illustration: Nekhbet / Mina

Le maçon prend quelques vacances
Auprès des siens, et de son mur
Il ne reste que des rêves durs …
Mes états d'âme il s'en balance.

Il se repose de tout et même
De sa poétesse à quatre sous
Qui éparpille des "je t'aime"
Comme une mendiante ses poux.

Ah le mal de vivre a sonné ...
Maçon reviens pour me calmer,
Casser les parois du brouillard,
Sécher les saignements d'un soir.

Brouille mon rouge avec ton blanc,
Redonne lui sa vraie vigueur.
Sans ton couteau je saigne au cœur
Et dessous lui je saigne au flanc.

Si tu m'entends réveille-toi
J'ai besoin de toi mon ami
Lorsque je pleure, lorsque je vis,
J’ai besoin de toi, reviens-moi.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

vendredi, septembre 07, 2007

Le maçon

Illustration: Andreas Stridsberg

Antonio aide son oncle à bâtir sa maison au bord du Guadalquivir. Contre tout entendement la Loreley le suit et en secret l'observe ...

Buvons à la santé
Du maçon plâtrier
Qui lave les traces
Du tableau de chasse
Où j’avais épinglé
Plus d’un amant blessé.

Ainsi l’amour tue;
Soldat, le sais-tu,
Quand je parlais désir
Je pensais à mourir;
Oublier la vie,
Tomber dans un puits
Ou mon âme se meurt
Et seul mon corps éveille
Tes mains de couleur.

Le maçon sommeille…
Il ne révèle rien
De ses amours lucides
Et son coeur placide
Gît contre le mien.
Il ne dira jamais
« je t’aime » mais ses yeux
Guettent douloureux
Flous derrière la baie.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

mercredi, septembre 05, 2007

Transition

Illustration: Nekhbetsun/Mina

La place semblait vide et les rues endormies,
Le soleil brulait noir en terre d'Andalousie
Et le temps s’arrêtait généreux comme un père.
Je buvais mon Xerès et je pensais: "que faire?

Que faire lorsque l’on aime de cet amour là
Qui ne se nomme pas et se porte sans draps?
Je ne suis plus moi même, je suis une autre femme
Dont la mission s’éteint, démunie de son arme.
"

Moi, noire mangeuse d’hommes qui m’étais assagie
Pour un moment magique et bleu auprès de lui,
Je ne connaissais pas cet amour étranger,
Imposteur, violent, insolent passager.

"N’ai-je fait que séduire?" Me dis-je, "sans aimer?
Toutes ces années, sans trêve, je cherchais à briser,
Saigner et dépecer mes victimes masculines,
Quels que soient leurs attraits, leur gabarit, leur mine?
"

"Sans aimer ... "se dit-elle, "sans aimer". Et voilà
Qu’un sentiment nouveau en elle faisait sa voie
Elle voulait certes prendre le soldat de fer bleu,
Mais pas pour le détruire; pour qu’il en soit heureux.

Que faire lorsque l’on aime de cet amour là
Qui ne se nomme pas et se porte sans draps ?

La place semblait vide et les rues endormies,
Le soleil brulait noir en terre d'Andalousie.
J’ai vu dans ses yeux clairs ma vie toute en couleur,
Semer au fond d’un verre les graines du bonheur.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

lundi, septembre 03, 2007

L’absence du soldat

Illustration: Kjun.org
Sans mon chevalier blanc, jardinier et maçon,
Je reste un peu rêveuse, j'écoute le silence
Et je badine en vers pour conjurer l'absence
De mon ami au loin, fidèle ... à sa façon...

Ses yeux bleus émerveillent une journée gluante.
Même en pensée leur charme fait la loi,
Me tape sur les doigts, me dit "tu es méchante"
Méchante de voler toutes ses cartes au Roi.

Quand tu auras gagné il t'achètera la lune,
Trois galaxies tournantes au fin fond d'un grenier.
Mais si tu perds au jeu tu n'auras qu'un baiser,
Un baiser de soldat sacrifié dans la brume.

Petit soldat de vie, petit soldat de plomb,
J'aime ton coeur de glace et ma tête se fond
Dans tes souvenirs rouges, marqués de sang et d'ombre.
J'ai les mêmes! Ou presque... Le grenier se fait sombre.

Je cherche un peu de paix sur ton bras alangui,
Je voudrais m’endormir mais je ne suis pas sûre
Auprès de quelle rose, l'amante ou l'amie,
Le réséda saura poursuivre l'aventure.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007

samedi, septembre 01, 2007

Un autre jour passe

Illustration: Nekhbet / Mina
Un autre jour passe
Sur le bleu des toits,
Mon regard s’agace.

Pourquoi lui? Me demande le chef d’orchestre.
Pourquoi ce misérable animal rugissant
Qui prétend peut être t’aimer un peu.
Il prétend si peu,
Mais ne sait qu’écraser ton coeur,
Tes veines, ton sang, tes mains.
Pourquoi ne pas tourner la page sagement, lucidement?

Mon regard s’éteint
Ne cherche plus rien,
Et dans le silence
J’écoute ma chance
Qui meurt dans le noir
Coupable d’aimer
Coupable d’espoir
D’un peu d’amitié.

Pourquoi t’obstines-tu? Me demande le chef d’orchestre,
Sur cet homme qui a peur d’aimer une fois de trop.
Sur cet homme aux yeux enfants qui sait pourtant tout contrôler autour de lui.
Il a tout organisé, tout. Sauf toi.

Un autre jour passe
Sur le bleu des toits,
Mon regard s’éteint
Ne cherche plus rien.
Quand il m’écrira
Le soleil viendra
Jouer à l’amour
A la fin du jour.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2007